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Une bonne nouvelle sur le terme fermier !

Finalement, grâce à la persévérance d’un groupe de Sénateurs à l’écoute de leur territoire, l’ANPLF a gagné. L’amendement ajouté par la majorité gouvernementale à la Loi EGALIM et qui prévoyait une ouverture très large du terme « fromage fermier », via la possibilité d’un affinage à l’extérieur, a été retoqué par le Conseil Constitutionnel. Une victoire technique certes, mais qui donne un peu d’air à notre filière.

L’expérience de ce combat mené par l’ANPLF reste difficile. Nous avons rencontré près d’une vingtaine de Députés, contacté et échangé avec bien plus encore. Comme tant d’autres aujourd’hui, nous pouvons dire avoir été écoutés mais pas souvent entendus. Et s’entendre dire, parfois, que nous n’avions sans doute pas bien compris ce qui était bon pour nous…

Au bout de ces échanges, il devenait clair que les lobbys industriels étaient passés avant nous et qu’ils avaient bénéficié d’une écoute peut-être plus compréhensive. Cette affaire pose, une fois de plus, le problème de la reconnaissance de la filière fermière au niveau politique et institutionnel. A chaque rencontre avec le Ministère de l’Agriculture, il nous est rappelé que les interlocuteurs privilégiés sont les Interprofessions (Cniel, Anicap, …), or nous savons que les producteurs y sont minoritaires et surtout que les producteurs fermiers y sont peu ou pas représentés.

De plus, si cette première victoire est importante, elle est loin d’être définitive. En effet, nous savons que depuis plus de deux ans, les Fraudes restent sur un statu quo favorable aux affineurs industriels en se refusant totalement de sanctionner l’utilisation du terme fermier lorsque l’affinage a lieu à l’extérieur, malgré des objections très précises exprimées par le Conseil d’Etat sur ce point depuis 2014.

Pour nous, ANPLF, il faut redéfinir clairement les conditions d’utilisation du terme fromage fermier afin de pouvoir répondre à ces objections tout en sauvegardant les pratiques traditionnelles respectueuses des producteurs d’origine.

Contrairement à ce qui est souvent dit à notre sujet, nous comprenons qu’une certaine flexibilité doit pouvoir s’appliquer quant au terme fermier, tant que cette flexibilité sert réellement les producteurs eux-mêmes et ne remet pas en cause la plus-value qui est encore attachée à la mention fermière.

Ainsi, il nous semble possible d’envisager l’affinage à l’extérieur uniquement :
- dans le cadre d’ateliers collectifs, si la structure reste de taille raisonnable, qu’elle ne regroupe que des producteurs fermiers et qu’elle n’affine que des fromages fermiers ;
- pour les filières légitimes de par leur histoire vis-à-vis du terme fermier, c’est-à-dire uniquement les 8 filières AOP qui utilisaient le terme fermier avant 2014, et sous réserve que le nom du producteur soit bien indiqué sur le produit ;- dans les cas d’affinage à façon, impliquant que le producteur récupère son produit à la sortie du local d’affinage et le commercialise lui-même.

En 2018, l’ANPLF représente directement plus de 1000 producteurs fermiers. Nous pensons qu’il est légitime que ceux-ci soient entendus même s’ils ne s’inscrivent pas dans les schémas de représentation classiques qui ne leur correspondent pas.

Un autre combat…mais de même nature

En parallèle des discussions sur le terme fermier, une nouvelle bataille plus cruciale semble s’ouvrir aujourd’hui, celle de la défense du lait cru !

Prenant le prétexte des Stec (Escherichia Coli producteur de Shiga toxines), plusieurs intervenants industriels impliqués dans les AOP remettent en cause l’obligation de fabriquer au lait cru inscrite dans de nombreux cahiers des charges. Les producteurs fermiers et l’ANPLF ont défendu au niveau du GBPH européen l’idée que ce danger ne soit pas surestimé et que la pasteurisation n’est pas le seul moyen de prévention. Nous avons également défendu l’idée de moyens de prévention adaptés à notre filière. Le GBPH a été validé par l’Union Européenne et par les administrations sanitaires des 28 Etats membres !


Pour nous, ces deux combats, le terme fermier et le lait cru, sont de même nature : il s’agit pour certains operateurs d’essayer de mettre la main sur des mentions valorisantes en s’affranchissant autant que possible des contraintes qui leur sont attachées. Il est évident que nous ne pouvons laisser s’installer ces dérives.



La loi EGALIM est censée permettre le développement d’une agriculture d’entreprise et de valeur. Nous sommes déjà cette agriculture, il sera dommage et paradoxal de nous faire disparaitre.